Le groupe



« Avoir un bon copain, c’est ce qu’il y a de meilleur au monde… » La célèbre chanson d’avant-guerre est au cœur de la réussite des Amis du Rythme & de la Chanson de Saint-brieuc. Un groupe de musiciens atypiques qui, depuis 1955, conjuguent plaisir de chanter et amitié. De purs amateurs.
Léon Guillou, le fondateur, a été restaurateur, disquaire. Jean-Pierre, fonctionnaire. Pierre-Yves, dans une agence de communication. Patrick, informaticien. Georges, marbrier. Bernard, percepteur…
Mais ce qui remplit leur cœur à tous, c’est la chanson.
« On était à la Manécanterie de la Cathédrale » se souvient Léon, le manager du groupe depuis sa création en 1954. « Un jour, on s’est dit : on va faire autre chose, chanter des airs profanes, monter sur scène. »
Très vite, les tout jeunes « Amis » tiennent le haut de l’affiche. « En 1957, on a enregistré notre premier 45 tours, neuf musiciens serrés les uns contre les autres dans la salle à manger de Wolf, un Quimpérois (!) en une demi-journée! »
La guerre d’Algérie envoie les musiciens chanter au pas sur les pistes du Djebel et les Amis du Rythme au royaume des beaux souvenirs… Mais en 1961, le groupe renaît et s’adjoint rapidement des musiciens. Du restaurant de Léon, en face de la gare, « La légende dit qu’il tenait danvantage le piano du restaurant que celui de sa cuisine » ironisent aujourd’hui ses copains. « Nous partions chaque dimanche dans un 8 cylindres Bedford au début » vers de musicales aventures.
Les casinos, les salles des fêtes, les kermesses de l’ouest de la France accueillent le groupe de chanteurs. En témoignent les 8 gros cahiers d’écoliers tenus scrupuleusement par Jean-Pierre, promu archiviste : affiches, photos-souvenirs, instructions écrites de Léon (la conscience du groupe) quand il estime « qu’on n’a pas bien chanté », lettres de René Pleven les remerciant de l’envoi d’un disque, coupures de presses qui rappellent bien des souvenirs. Comme ce gala avec Hugues Auffray ou avec ce jeune débutant qui s’appelait Alan Stivel. « Il était en vedette américaine d’un de nos spectacle pour les Emigrés américains de Gourin » sourient-ils aujourd’hui.
Sans nostalgie, sans regrets. « On n’a jamais cherché à passer professionnels. Peut-être que nous n’avions pas la taille pour ça? »
De vrais amateurs qui n’ont donc jamais touché un sou de leur participation au groupe. Les cachets sont intégralement versés dans la caisse et servent à financer les affiches, matériel et les productions de disques. Et les réunions chaque semaine pour répéter et peaufiner leurs projets…
« Entre nous, il y a bien autre chose que la chanson. Sinon on n’aurait pas tenu. Dans le nom du groupe, il y a « Amis » d’abord.
Josiane GUÉGUEN, Ouest-France.

Pas de bon concert sans une bonne équipe!

La voici telle qu’elle se présente à vous aujourd'hui…

Photos © Gaël Craignou